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Souvent, il m’arrive de retarder la lecture de McCaffrey. Non parce que je ne l’aime pas, mais parce qu’une fois entré dans un de ses romans, il est difficile d’échapper à l’hypnotisme de ses histoires et de ses personnages. Comme d’habitude dans cette intégrale de la Ballade, trois romans en un seul volume et des regroupements qui peuvent paraître étranges.
Si j’en crois les copyright et l’introduction du premier récit les trois présentés ici s’étalent sur quarante ans avec vingt ans d’écart entre chacun d’eux. “Le Dragon Blanc” (1971) est présenté comme le troisième volume de la Ballade et “Les ciels de Pern” date de 2011 qui est aussi l’année du décès de l’auteur. Si vous avez bien suivi il est inutile que je vous précise l’année de parution de “Tous les Weyrs de Pern”. Un des premiers effets de ce regroupement est de nous faire lire en continu des romans qui n’ont pas été écrit à la suite et dans lesquels on retrouve les mêmes personnages. Ici la continuité saute aux yeux et emporte le lecteur. Ruth est un dragon blanc qui a été “marqué” par Jaxom. Ces deux êtres ont en commun d’être d’apparence moins résistante et solide que les autres. Ils vont faire leurs preuves. Puis dans la foulée ils vont aider le SIAV - l’Intelligence Artificielle laissée par les premiers colons - dans son ultime mission, détruire ce qui est responsable des chutes de “Fils” mortels sur Pern. Et bien sûr - on peut trouver des échos de la réalité politique des États-Unis dans les deux derniers romans de ce volume - comme toujours lorsque le progrès technique est mal compris par ceux qui ne jurent que par la tradition, il naît des opposants. Très prompts à annihiler ce qui perturbe avant de réfléchir.
Vous en dire plus serait trop long et troublerait votre lecture. Je parlais plus haut d’hypnotisme des récits, je me dois d’essayer de m’expliquer. D’une part le retour des personnages - bien campés dans leur fonction et leur caractère - est sécurisant et d’autre part il permet de mettre en valeur les nouveaux, ceux qui apparaissent pour la première fois. D’un autre côté les rapports que McCaffrey établit entre les humains et les dragons (et les dragons entre eux) a un aspect fascinant : les dragons aux multiples pouvoirs nous sont familiers. Enfin, et cela n’a rien de surprenant, ses personnages principaux sont toujours des “marginaux” par rapport à une norme sociale, des “mutants” qui se trouvent en butte à toutes sortes d’avanies et de méchancetés - volontaires ou non. Ces personnages ne peuvent être que sympathiques, nous prenons fait et cause pour eux et nous sommes obligés de lire ce qu’il leur arrive jusqu’au bout, au cas où...
Même si l’envie vous en prend, ne mettez pas ce gros livre dans votre sac de plage, il est trop lourd et il peut vous émouvoir... Gardez-le pour les jours de pluie, et laissez les dragons vous enflammer.
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