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En sous-titre une précision d’importance : Mises en scène rhétoriques et représentations télévisuelles. On parle souvent, d’effets oratoires (le discours est construit selon un schéma traditionnel, voir page 135 le tableau établi par Roland Barthes) et d’effets de manches ou encore de la solennité de la justice et l’on s’en tient à ces formules. On suit à la télévision des séries dans lesquelles officient des avocats et des juges sans se poser la moindre question sur leur authenticité ou leur vraisemblance. Émeline Seignobos s’est interrogée pour nous et a pris la peine d’adapter son travail universitaire à notre façon de lire.
On ne s’ennuie pas un seul instant à la lecture des informations et commentaires que renferme ce livre. Tout est intéressant mais certains points plus que d’autres. J’ai retenu la note de bas de page suivante qui me semble symptomatique : “En 1494, le doyen de la faculté de droit de Bâle, Sébastien Brant, publie un ouvrage intitulé La nef des fous, d’édification morale, illustrée de gravure sur bois dont une représente la Justice avec glaive et balance, en compagnie d’un fou qui lui bande les yeux. La gravure illustre la fable selon laquelle il est vain de saisir la justice pour un rien et que l’on peut égarer la vérité et le droit par d’éternelles querelles. Le geste du fou est assimilé à une démonstration d’ironie, de dérision, alors que cette image est à l’origine de l’allégorie.” (C’est extrait du Dictionnaire de la justice, article Bandeau, glaive et balance de Robert Christian-Nils). Étonnant, non ? comme disait monsieur Cyclopède dont l’avatar Pierre Desproges aurait pu se retrouver ici (peut-être vous souvenez-vous du fameux “Tribunal des Flagrants Délires” qui fit les beaux jours de France Inter). Vous avez compris qu’en analysant le spectacle - son rythme, ses formes - l’auteur analyse un peu aussi le spectateur...
Les étudiants en droit doivent lire ce livre, les autres peuvent eux le lire comme un roman.
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