|
Ne connaissant pas vraiment cet auteur, je me suis laissée aller à la découverte. Le début fut un peu laborieux. Peu, voire pas d’énergie. Par la suite on se laisse porter par la narration. Je dis narration volontairement malgré que l’action se passe entre deux personnes. L’auteur décrit le dialogue avec cette inconnue rencontrée dans un train. Inconnue qui le reste. Difficile d’imaginer son physique, si elle est mince, petite, grande. Tout au plus découvre-t-on au détour d’une phrase qu’elle est plutôt jeune et que ces cheveux sont blonds. On ne peut imaginer son caractère, nous saurons juste qu’elle est psychologue. On ne l’imagine pas parler. On sait qu’elle lui répond puisqu’il narre les réponses qu’elle lui donne. Mais ces phrases sont dans la bouche de l’auteur.
Et a-t-elle seulement existé ? N’est-elle pas une excuse pour l’auteur ? Le moyen discret de faire le bilan de sa vie ? Du passé et de son futur ? Des erreurs commises ou non ? Nous saurons peu de lui-même, seulement qu’il anime des ateliers d’écriture dont il ne sort pas indemne. Il nous fait partager quelques histoires confiées par ses « élèves », des pans de vie, des moments très durs pour certains. Mais de sa vie à lui, il ne nous livre que peu de choses. Finalement, cette femme si discrète et si anonyme a-t-elle seulement participé à ce dialogue ?
Ce livre ouvre les portes de notre imagination et nous confronte à nous-mêmes, à ce que nous aurions pu raconter à un ou une inconnue si nous étions restés bloqués dans un train de longues heures.
|