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La première édition française de ce roman remonte à 2003 et il faut bien un prochain festival de Cannes et la sortie du dernier David Cronenberg pour actualiser cette réédition. Un conseil ! Méfiez-vous des lectures faites avant projection de l’adaptation elles rendent souvent cette dernière ratée. Vous imaginez à la lecture et vous ne voyez pas les mêmes pendant le film. Attention cela ne veut absolument pas dire que le cinéaste a échoué, cela veut dire qu’il n’a pas la même vision que vous...
A mon sens il faut donc attendre d’avoir vu pour lire, les images qui viennent alors en mémoire confortent ou perturbent la lecture. C’est enrichissant.
En lisant ce DeLillo et en pensant cinéma ce n’est pas à Cronenberg que je me suis référé mais à Abel Ferrara. J’ai revu des images du “Roi de New York”. D’une part New York est le lieu du roman, d’autre part Eric Packer, le personnage principal, s’y comporte comme un roi. L’argent l’a placé hors du monde où nous, lecteurs, vivons. Et DeLillo nous montre comment fonctionne le décalage. Mais il n’oublie pas que son personnage est mortel, humain. Ainsi nous le voyons singulièrement cynique et critique et nous partageons sa vision du monde. Même si elle est violente :”Le sexe nous débusque. Le sexe voit clair en nous. C’est pour ça qu’il est tellement violent”. Même si la phrase qui suit met en évidence le décalage : ”La caméra suivait un flic qui pourchassait un jeune homme dans la foule, image qui semblait confusément exister à distance de l’instant.” Je crois aussi que c’est le type d’idées qui plaît à Cronenberg.
Bon cinéma.
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