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Quai d’Orsay, T.1 : Chroniques diplomatiques (Abel Lanzac / Christophe Blain - Editions Dargaud) (Chroniques)

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Époustouflant ! 93 pages de BD qui se dévorent d’une seule traite. Impossible de décrocher avant la fin. Et ce, pour deux raisons : on attend toujours qu’il se passe quelque chose où l’on puisse s’arrêter - une baisse d’intensité un changement de chapitre - et il ne se passe rien de tout cela sauf un chapîtrage à peine signalé en haut de page par des citations d’Héraclite. 7 chapitres qui, à mon sens, ne distinguent que des moments différents de création. Et si cela traduit une création en discontinu dans le temps, le résultat, lui, donne l’impression d’une création d’un seul jet, fusante.

Il s’agit d’un jeune thésard qui est embauché pour faire “les langages” par le ministre des affaires étrangères et qui doit subir le personnage et ceux qui l’entourent. Et cela n’est pas de tout repos. Christophe Blain parvient, grâce à son dessin sec et efficace, à rendre la “folie” du personnage que le scénario décortique et présente. Les fausses cases sans cadre ni fond donnent une idée juste du mouvement et l’on a parfois le sentiment de manipuler un flip book. Ce ministre est un personnage complexe qui utilise tous ceux qui passent à sa portée et les intègre à ses mots clés du moment ceux qu’il a momentanément puisé chez Héraclite. Nous avons ainsi droit à un remarquable passage sur la guerre de l’Anchois entre les Espagnols et les Français traité par ou à la manière de Héraclite (la guerre de l’anchois est un fait historique) qui vaut son pesant de sel.
Un personnage dense et passionnant un dessin d’une grande virtuosité que voulez-vous de plus. Vous avez entre les mains un album qui risque fort de trouver avec son deuxième tome une belle récompense - parfaitement justifiée - à Angoulême. Il m’étonnerait que l’on trouve beaucoup mieux sur le marché.
Indispensable, vous dis-je.

[Noé Gaillard]
14 juillet 2010

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