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La joyeuse compagnie d'opéra de chambre anglaise Diva Opera investit la grande salle Passage pour deux représentations du dernier opéra de Verdi : 'Falstaff'.
Second opéra bouffe du compositeur, donné pour la première fois alors qu'il avait 80 ans, 'Falstaff' est, selon le librettiste Boito, une 'énorme explosion d'hilarité', réécrit d'après les 'Joyeuses commères de Windsor' de Shakespeare. L'intrigue tourne autour d'une farce dont la victime sera Falstaff lui-même, puni pour avoir voulu séduire deux femmes en même temps en usant du même stratagème. En contrepoint, une histoire d'amour entre Nanette et Fenton, contrariée comme il se doit par le père d'icelle.
On rit effectivement beaucoup durant le spectacle, les chanteurs de Diva Opera étant par ailleurs d'excellents acteurs. Alain Fair (Falstaff), au physique idéal, nous épate par son jeu d'ivrogne libidineux soufflant et crachant au moindre effort (comme se lever de son fauteuil). Ridicule dans ses collants roses ou avec ses bois de cerfs sur la tête (tous les costumes sont splendides), il nous apparaît finalement sympathique, nous enjoignant à ne pas nous prendre trop au sérieux. Le couple d'amoureux Sarah Power (Nanette)-Adrian Dywer (Fenton), nouveaux venus dans la compagnie, apporte une touche de romantisme dans cette ambiance quelque peu débridée, grâce à des airs touchants.
La mise en scène de David Edwards est énergique, classique et contemporaine à la fois, on ne s'ennuie pas un instant. L'action est concentrée au centre de la scène, sur un plan incliné en bois de trois mètres de diamètre. On pourrait craindre un certain encombrement lors des tutti, il n'en est rien, cette promiscuité scénique conférant au contraire un dynamisme réjouissant à l'ensemble de la pièce. La scène finale de la forêt est une réussite, mobiles miroitants et ombrelles lumineuses font s'inviter le merveilleux dans une ambiance à la limite du psychédélique (Sir Falstaff se paie un trip d'enfer).
Le piano d'Anna Tilbrook faisant office d'orchestre, on perd forcément quelque peu en richesse orchestrale, compensée par une simplicité et une intimité qui donne l'impression d'accueillir l'opéra dans son salon.
Falstaff
opéra de Giuseppe Verdi
livret Arrigo Boito
par Diva Opera
les 7 et 9 mai au Théâtre du Passage de Neuchâtel
Direction musicale Bryan Evans
Assistante direction musicale et piano Anna Tilbrook
Mise en scène David Edwards
Costumes Cordelia Chisholm
Interprétation Adrian Dwyer, Alan Fairs, Daniel Howard, Kevin Jones, Thomas McVeigh, Louse Mott, Sarah Power, Linda Richardson, Antonia Sotgiu, Peter Van Hulle
En mai au Théâtre du Passage
5 – 9
André Klopfenstein, envoyé très spécial
de et par Vincent Kohler, mise en scène Patrick Nordmann
11
Babel (words)
chorégraphie de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet
19-20
Les corbeaux
de Henry Becque, mise en scène Anne Bisang
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