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Marlène Jobert (Dossiers)

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Elle parle dans la vie comme dans ses contes. Avec cette voix mutine et expressive qui prend son envol sur certains mots. Marlène Jobert a gardé son âme d’enfant, ça s’entend, mais ça se voit aussi : elle est toujours aussi belle avec ses yeux verts félins et son visage de fée qui enchante les enfants avec ses contes musicaux.
‘Murmures, c’est une bonne idée pour un nom de magazine’, nous glisse Marlène Jobert.

Marlène, qu’est-ce que vous connaissez de la Suisse et est-ce que ce pays pourrait vous inspirer pour l’un de vos contes ?
Non, c’est trop proche de la France. Ce qui m’intéresse ce sont les pays étranges avec des coutumes différentes. Mais je viens chaque année à Genève ; d’ailleurs on s’est retrouvé quelques jours dans cette ville avec ma fille (l’actrice Eva Green) pour travailler ensemble sur l’un de ses projets. A l’époque, j’ai aussi tourné un film de Claude Goretta avec Gérard Depardieu en Suisse.

Votre nouveau livre ‘Paddy-Joe et le monstre marin’ vient de paraître dans la collection ‘Un jour tout là-bas’, quelle est la particularité de cette collection ?
Elle permet de découvrir des peuples et des cultures de pays lointains. L’humour et la magie ont un rôle majeur dans l’intrigue. Cela apprend aux enfants les coutumes et la musique d’un pays lointain. Les enfants adorent ça.

Est-ce qu’inventer des histoires est une passion de toujours ou est-ce que c’est venu en ayant des enfants qui réclamaient des histoires pour s’endormir ?
Oui ce sont mes deux filles (des jumelles) qui ont provoqué cette envie. C’est grâce à elles que je me suis découverte cette vocation. Le soir je leur racontais une histoire qui dédramatisait un événement ou un problème survenu dans la journée. Lire des scénarios en tant qu’actrice m’a beaucoup aidé pour la construction et le suspense d’une histoire.

Est-ce qu’on vous racontait des histoires pour vous endormir quand vous étiez petite, et est-ce que votre imagination était déjà débordante ?
Non, je suis l’aînée d’une famille nombreuse et pauvre, on ne m’a jamais raconté d’histoires quand j’étais petite. Dans un de mes contes ‘Claire de Lune, une maîtresse extraordinaire’, je raconte l’histoire d’une petite fille qui invente sans cesse des choses et qui se retrouve avec une maîtresse qui sait l’écouter… C’est sans doute mon conte le plus autobiographique, puisque la petite fille finira aussi par devenir écrivain !

Les contes finissent toujours bien et dans la vie ce n’est pas toujours le cas… Qu’est-ce que vous pensez de ça ?
Une histoire qui finit mal est une histoire pas terminée pour un enfant ! Il n’est pas satisfait, et ma démarche est de faire plaisir aux enfants. Ils aiment les rebondissements, frémir de peur, rire, et quand la justice et le courage sont récompensés.

‘Paddy-Joe’ se déroule en Irlande, est-ce que vous faites des recherches sur les coutumes, et est-ce que la culture du pays joue un rôle sur le déroulement de l’histoire ?
Oui je fais un travail de recherche sur la culture, voir quelles sont les particularités qui peuvent intéresser les enfants. Dans Paddy-Joe qui se déroule en Irlande, on retrouve la rudesse, la végétation, la pêche, les fées et la magie encore dans les croyances du pays. Et ensuite, je mets en scène l’enfant dont le livre porte le nom et la musique traditionnelle du pays.

Avant de devenir actrice, vous avez suivi des études d'art à Dijon pour devenir professeur de dessin, est-ce que cela ne vous tenterait pas d’illustrer vos propres histoires ?
J’ai encore le regard mais plus la technique. Et je fais déjà tellement de choses : la préparation de mes livres, écrire, choisir la musique…

Quels retours vous recevez des enfants sur vos contes ?
Je reçois beaucoup de retours sur mes contes musicaux. Par exemple je me souviens d’une maman qui me dit que sa fille s’est remise au piano grâce à une de mes histoires, ou d’un petit garçon qui demande comme cadeau un violon pour Noël. Il y a trois écoles qui portent mon nom en France. Chaque année, les enfants enregistrent une histoire en prenant modèle sur une des miennes et ils me l’envoient.

Vous avez une voix particulière, est-ce que vous pensez à faire un album de chansons pour enfants ?
J’ai sorti l’année dernière un CD ‘Câlinou de Loups’ (distribution Glénat éditions) pour les tout-petits dès trois ans, avec des histoires pour trouver le sommeil. Je parle de doudou, de la peur du noir, etc.

Vous venez de recevoir cette année un César d’honneur pour l’ensemble de votre carrière d’actrice, est-ce que cela clôt un chapitre pour vous, ou au contraire cela vous donne envie de tourner plus de films ?
J’ai pris cela comme une reconnaissance et un grand honneur. Je suis contente de ma carrière, j’ai eu la chance d’avoir de jolis personnages au cinéma. Si on me propose un beau personnage, pourquoi pas refaire du cinéma.

[Nadja Hofmann]
20 avril 2008

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