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Suite à une catastrophe atomique, la surface de la Terre a été rendue inapte à la vie humaine. Pour survivre, Le Programme a cloné plusieurs représentants de l'espèce humaine, des scientifiques pour la plupart, qui sont allés s'installer sous terre. Le nouveau peuple ainsi formé prendra le nom de sous-terrien. Ces nouveaux humains ont pallié à leur stérilité par la pratique de l'amour libre et la culture des plaisirs simples de la vie, partout, tout le temps et avec tout le monde. Mais après des années de colonisation de ces grottes sous-terriennes, un petit groupe mené par Fernando émet l'idée que la surface pourrait être à nouveau habitable. Pour en avoir le cœur net, ces clones rebelles et aventureux vont monter une expédition en direction de la surface. Mais l'aventure ne sera pas aisée, car les supertaupes, ennemies héréditaires des sous-terriens, gardent bon nombre de tunnels. Et qui sait quels autres dangers se trouveront à l'air libre ?
Biologiste français, Hervé Thiellement réside en Suisse depuis plusieurs années. Sa passion pour l'écriture et la science-fiction l'a mené dans le vaste projet de création de ce cycle du monde de Fernando, son premier ouvrage. Ce background académique se ressent d'ailleurs tout le long de l'histoire, qui se montre particulièrement crédible au niveau des thématiques empruntées aux sciences naturelles. D'un scénario post-apocalyptique bien connu, l'auteur instille l'originalité avec ces personnages sous forme de clones. Chacun possède sa caractéristique, qu'il partage avec ceux issus du même modèle. Il en ressort un jeu de mots continu sur les prénoms, où chaque personnage (ou animal) se voit appelé par une version déformée du nom générique. Ainsi retrouve-t-on Ury, Urs, Ursula, pour les ursules, et ainsi de suite.
Le récit aborde un ton léger. Le narrateur raconte l'histoire comme s'il était extérieur, observant ce groupe d'humains et ses tentatives de colonisation de ce qui se trouvait être son monde autrefois. On se laisse ainsi voyager dans ce monde, mais ce parti pris rend difficile la sensation de vivre ce monde. On reste constamment en marge, en observateur plus qu'en membre de l'expédition. Cela se ressent au niveau du suspense, que l'on a de la peine à ressentir, notamment à cause de la densité des descriptions. Il manque à mon sens un but final qui accrocherait le lecteur et le guiderait du début jusqu'à la fin, pour rompre avec la suite d'événements fortuits.
Beaucoup d'idées dans ce premier ouvrage. On aime le côté "peace and love" qui émane de cette nouvelle humanité fantasmée. L'univers est cohérent et fonctionne bien. A un autre niveau, autant les illustrations intérieures s'accordent au ton de l'histoire (le sexe excepté), autant la version colorisée sur la couverture manque d'attrait. C'est dommage, l'œuvre méritait mieux comme "accroche".
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