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Association pour l’Histoire des Sciences (Articles)

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Fondée à Genève en 1953 par Raymond de Saussure, l’Association pour l’Histoire des Sciences (AHS) peut sembler réservée à un public averti et très restreint. Pourtant il n’en est rien comme en témoignent les nombreuses activités de l’association et la rencontre enrichissante avec son ancien président, physicien à la retraite, Jacques Trembley.

Aux yeux du grand public, l’histoire des sciences apparaît comme une discipline méconnue et peu attractive, alors pourquoi une telle association ?
> Le patrimoine scientifique genevois est la première raison d’exister de l’association. C’est dans ce but qu’elle a été créée par son fondateur qui craignait la dispersion de ces objets, témoins privilégiés de l’histoire scientifique de notre ville. Le succès aura été au rendez-vous, puisque la collecte d’instruments a permis en 1955 la tenue d’une exposition au Musée Rath. Toutefois, il a fallu attendre 1960 pour que les autorités municipales concrétisent le souhait de l’association, suite à la popularité de l’exposition, en mettant à disposition la villa Bartholoni pour y héberger le Musée d’histoire des sciences, qui ouvrira après quatre ans de restauration du bâtiment et l’inventaire de la collection.

Le résultat est considérable, mais l’élan initial de ce projet est-il encore présent après tant d’années ?
> Bien sûr ! Il faut sans cesse veiller à la préservation du patrimoine, ainsi alors que j’étais président de l’association dans les années quatre-vingt, le musée a été fermé pour rénovation et n’a pu être rouvert qu’après une pétition. Aujourd’hui, le musée est indépendant de notre association, mais nous continuons à collaborer étroitement avec l’équipe en place pour réaliser des expositions et des conférences qui mettent en valeur les collections. Ainsi, nous fêterons bientôt le tricentenaire du mathématicien suisse Euler avec un cycle de conférences et, actuellement, c’est la psychologie expérimentale qui est à l’honneur avec une exposition.

La psychologie est donc admise au sein des autres sciences ?
> J’étais moi-même sceptique, mais je dois dire que, même si c’est une discipline particulière, la richesse des instruments qui ont été utilisés pour réaliser les premiers tests sur le psychisme humain est formidable. C’est là le point fort de ces démarches : faire découvrir au public sous un jour nouveau différents domaines.

La compréhension de notre histoire scientifique est importante, mais à l’heure actuelle où la technologie nous entoure dans notre quotidien, l’histoire des sciences n’est-elle pas dépassée ?
> Absolument pas, au contraire, elle permet de renouer le contact avec le public. Aujourd’hui, les scientifiques travaillent dans un monde clôt qui ne leur permet pas de communiquer naturellement le caractère merveilleux d’une découverte. Ainsi, à l’époque pour mes recherches, nous construisions des ballons sondes que nous allions faire partir au petit matin pour mesurer les rayons cosmiques dans la haute atmosphère. Ces travaux qui permettent de comprendre les particules élémentaires se font aujourd’hui au CERN, une structure énorme, alors qu’à notre époque nous devions tout concevoir : du ballon à l’analyse des résultats, en passant par la conception des instruments de mesure. Parfois avec quelques risques lorsqu’il s’agissait de manipuler de l’hydrogène ! Les anecdotes et la connaissance de l’ensemble du processus permettent de bien meilleures explications auprès du public. Une science plus humaine, moins aseptisée.

Comment ce travail de mémoire est-il transmis et reçu ?
> C’est une autre mission de l’AHS qui initialement prévoyait la création d’une revue d’histoire des sciences et qui finalement a donné naissance à la Bibliothèque d’Histoire des Sciences. Celle-ci fait partie de l’association et publie ou collabore régulièrement à la publication d’ouvrages sur des sujets aussi variés que la cartographie du Léman ou les savants genevois. Ces livres sont des références dans le domaine, mais nous sommes aussi en contact direct avec le public lors de différentes rencontres, comme lors de la dernière Nuit de la Science qui a été un grand succès. Pour preuve, le stand voisin qui présentait pourtant des robots a eu moins de succès que notre démonstration sur l’effet gyroscopique expliquée avec une manipulation très simple à réaliser par les gens et pourtant si inhabituelle pour l’expérience quotidienne.

Quel est l’avenir de l’association ?
> Nous continuons notre travail de préservation et de mise en valeur du patrimoine scientifique, ainsi que nos rencontres avec le public au travers des différentes manifestations et conférences. En outre, nous tâchons de proposer des sujets en adéquation avec les problèmes et les découvertes actuels pour permettre aux gens d’avoir une meilleure perspective sur le monde actuel, grâce à nos connaissances et à un réseau de scientifiques partenaires qui partagent notre démarche. De plus, nous sommes en train de renouveler l’association en recrutant des membres plus jeunes. Nous allons également réaliser un site internet pour mieux tenir informé le public de nos activités trop souvent méconnues.


50ahs@physics.unige.ch

[N. Naromov]
11 juin 2007

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