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Présent sur le marché depuis 1972, le vaisseau amiral de Honda (la Civic représente près d’un tiers des ventes Honda au niveau mondial) revient cette fois sous la forme d’un vaisseau spatial. Le vingt-et-unième siècle est bien là, histoire d’un restylage osé et réussi…
On peut sans trop exagérer dire que cette huitième génération de la Civic est anticonformiste ; on perd agréablement nos repères à la contempler. La silhouette fait penser à celle d’un chat prêt à bondir, le museau au ras du sol et le fessier relevé et tout tortillant. Sur cette Civic, l’avant plongeant est traversé de part en part par un étincelant sourire de verre qui englobe les optiques et le logo. L’arrière plus en rondeur et légèrement ascendant reprend le même concept décliné dans les tons appropriés. Pour les rappels avant/arrière, on peut mentionner les grilles nid d’abeille mais je donne la palme de l’esthétisme aux anti-brouillard et à la double sortie d’échappement triangulaire. Au premier abord, cette extraterrestre ressemble à s’y méprendre à une trois portes, mais que nenni, elle en compte bien cinq ; seulement, faut trouver comment ouvrir celles de l’arrière, la poignée étant superbement bien intégrée au milieu des joints de vitres et des montants de portières. Allure sportive, style audacieux, la séduction opère…
Si la Civic peut paraître compacte de l’extérieur, une fois qu’on a pris position dans l’habitacle on se retrouve tout déboussolé. L’espace à disposition de chaque passager est véritablement très très généreux. Le cockpit futuriste à la Star Trek est clairement orienté conducteur : tout est à portée de main, le volant d’un joli design intègre les commandes pour la musique et le régulateur de vitesse. L’agencement du tableau de bord tout en profondeur renforce encore la sensation d’espace. En effet, si derrière le volant on trouve une foultitude d’indications comme le compte-tours, jauge essence, sonde de température et ordinateur de bord, l’affichage digital de la vitesse se trouve lui beaucoup plus loin devant, quasiment sous le pare-brise. Bien assis, on se sent donc très à l’aise dans ce salon ambulant qui offre de vastes espaces de rangement. Dans le coffre, y a de quoi en mettre aussi et s’il n’est pas suffisant en configuration cinq places, la banquette arrière rabattable 60/40 pivote et s’escamote tout simplement pour laisser place à une surface plane.
Le confort en prend par contre un méchant coup une fois le bouton "Start" pressé ! A la lecture de la fiche technique on comprend vite que pour tirer la quintessence du 1.8 i-VTEC il faut aller le titiller haut dans les tours et l’insonorisation a été oubliée lors de la conception de cette navette spatiale ! Les trajets autoroutiers (même en sixième) deviennent vite lassants car les tympans souffrent et c’est bien dommage… Le comportement du VTEC est tout de même agréable il faut le dire, mais une conduite sportive induira une consommation relativement élevée, malgré la boîte six vitesses. Pour continuer à balancer, on se doit de mentionner le problème de la visibilité ; là aussi ça pêche ! Habituée à changer régulièrement de véhicule, j’ai eu un mal fou à me mettre les dimensions de cette Civic dans l’oeil, du coup les manœuvres de parcage devenaient presque une corvée. Le spoiler de coffre intégré dans la vitre arrière est peut-être d’un bel effet, mais il bouffe pas mal de vue. Heureusement, les ingénieurs pensent à tout pour rattraper les bourdes des designers et un système d’aide au recul est disponible en option, de quoi réjouir les gens du marketing… Rien à redire du côté de la tenue de route, le comportement sécurisant incite à profiter pleinement de la voiture. Mais pas de soucis, la panoplie de sécurité est au grand complet : ABS, répartiteur de freinage, assistance au freinage d’urgence, contrôle de stabilité et en cas de pépin les airbags se déploieront pour protéger les occupants. Pour accroître la sécurité, les pattes de la bête sont chaussées en 225/45 R17 ; en plus ça a de l’allure !
Annonciatrice d’une nouvelle ère de l’automobile ou exercice de style de chez Honda ? L’avenir le dira mais en attendant on peut le voir du bon côté s’il s’apparente à l’évolution de la Civic. Disponible en trois motorisations, 1.4 et 1.8 l essence et 2.2 l diesel, le modèle de base se négocie à 26'600.- et le véhicule testé à 32'600.- Gageons que cette nouvelle Civic saura comme ses grandes sœurs tirer son épingle du jeu. L’essayer c’est l’adopter ? A vous de juger mais je vous conseille un détour en concession…
Points forts :
- le design original
- le confort de l’habitacle
- le comportement routier
Points à améliorer :
- l’insonorisation
- la visibilité
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