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Association Jurassienne de la Condition Paternelle (Articles)

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Peu connue du grand public, l’Association jurassienne, membre de la coordination romande des Mouvements pour la Condition Paternelle, milite pour que les enfants puissent se construire en présence de leurs deux parents et que les pères aient la possibilité d’y contribuer équitablement. R.D., membre actif, nous en parle.

Comment avez-vous découvert l'association et comment y avez-vous pris part ?
> Le Mouvement de la Condition Paternelle (MCP) de ma région s'est créé à l'époque (début des années 90) où je venais de me séparer de mon épouse et où les difficultés dans la poursuite des relations personnelles avec mes enfants commençaient à se manifester. C'est donc tout naturellement que j'ai pris contact avec le président de la nouvelle association, laquelle s'était fait connaître par la presse et un dépliant distribué dans toutes les boîtes aux lettres. Après un contact avec le président, j'ai pris part aux assemblées et à des conférences organisées par l'association. J'y adhérais toutefois sans militer en son sein. Ce n'est qu'après avoir pris ma retraite que j'ai souhaité m'engager plus activement. Ce qui m'a décidé de le faire, c'est un appel aux bonnes volontés, paru dans un numéro du Journal des pères, pour aider à mettre en place une coordination romande des mouvements de la condition paternelle. Mon engagement s'est donc fait simultanément au niveau de ma région et au niveau de la Suisse romande.

Pourquoi les pères s’adressent-ils à vous et comment les aidez-vous ?
> D'une manière générale, les mouvements de condition paternelle défendent le point de vue qu'un enfant a besoin de ses deux parents. C'est du reste un droit largement reconnu (Convention des Nations Unies, Convention européenne et ... le Code civil suisse). Or, dans la pratique ces droits sont fréquemment bafoués. Il est connu qu'un pourcentage très élevé d'enfants perdent tout contact avec leur père à la suite d'une séparation ou d'un divorce. Ce sont des pères aux prises avec de tels problèmes qui s'adressent aux MCP. Ils sont pour la plupart ulcérés de voir que les autorités tutélaires et les instances judiciaires ne font rien pour les aider à faire respecter par l'ex-partenaire leurs propres décisions et les conventions qui règlent les droits de visite. Ce que les MCP apportent à ces pères (et parfois à des mères) c'est tout d'abord et surtout une écoute, des informations et un soutien moral. Cela se fait lors d'entretiens individuels et/ou dans le cadre de groupes de parole. Ainsi cet été, la petite Janelle (http://news.janelle.creationweb.ch/) a pu revoir son papa grâce à une pétition lancée très rapidement et déposée en présence des médias.

Quelles sont les activités de l'association et comment sont-elles menées ?
> A côté des contacts avec les personnes en difficultés, les MCP rassemblent de la documentation, organisent des conférences et diffusent des informations. Ces mouvements interviennent en outre auprès des autorités et des politiques de leur canton, pour les inciter à faire évoluer les pratiques et la législation ou pour soutenir les initiatives de parlementaires. Comme les mouvements des autres régions et, plus généralement les milieux associatifs, nous faisons l'expérience qu'il est très difficile de mobiliser les membres. Toutefois, des actions très concrètes ou des conférences sur des thèmes bien ciblés peuvent parfois trouver un écho notable, parmi ceux-ci, on peut citer l'autorité parentale partagée, la coopération parentale ordonnée et le syndrome d'aliénation parentale.

Quel est votre rôle en particulier ? Pourquoi avoir souhaité garder l'anonymat ?
> J'assume actuellement des tâches logistiques au niveau régional et au niveau romand. Je ne souhaite pas occuper de fonctions "visibles" et préfère cacher mon identité parce que mes enfants n'ont jamais accepté que j'appelle à la rescousse - sans effet du reste - des instances officielles. Je crois que mes enfants ont ressenti cela comme l'exposition sur la place publique des affaires familiales. Mon engagement ne vise pas à réparer ou à restaurer mes relations avec mes enfants, même si je n'ai pas perdu l'espoir qu'ils comprendront un jour, mais à aider de jeunes parents confrontés à des difficultés similaires aux miennes à mieux se défendre. Je souhaite en outre contribuer dans la modeste mesure de mes moyens à faire évoluer le droit et les mentalités.

Quels sont les projets de l'association?
> Sur le plan régional : continuer de soutenir des parents en difficultés, créer un groupe de parole (Papa-contact), mieux faire connaître le mouvement, être présent sur le site Internet de Suisse romande (en préparation). Sur le plan romand : réaliser une coordination des efforts indispensable pour agir à l'échelle de la Suisse. La coordination romande actuellement en voie de création représente une première étape dans ce sens. Elaborer un concept d'information, réaliser le site Internet romand, soutenir les interventions de parlementaires fédéraux par une documentation (argumentaires) et des contacts.

Association Jurassienne de la Condition Paternelle (AJCP)
Rue Achille-Merguin 34
2900 Porrentruy
Tél. 078 733 77 25
info@ajcp.ch

[N. Naromov]
www.ajcp.ch 23 octobre 2006

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