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Eclipse de soleil dans le Ténéré (Destinations)

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Le 29 mars dernier, l’Afrique était traversée par l’ombre de la lune, qui passait devant le soleil et offrait ainsi quelques minutes d’obscurité aux chanceux qui se trouvaient sur son trajet. C’est avec ce prétexte astronomique que plusieurs dizaines d’Européens sont partis à la découverte de ce pays méconnu : le Niger. Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, il est partagé entre Sahara, Sahel et forêt tropicale, mais pour ce rendez-vous céleste, seule la partie saharienne, le Ténéré, était au programme d’une semaine.

Premier jour, vol Paris – Agadez. L’atterrissage se fait au milieu de nulle part. Le choc est violent, après l’Europe grise et froide, un soleil de plomb et ce vent chaud. Un tampon dans le passeport et nous voilà plongés dans l’ambiance : des gamins courent, chacun cherche un repère dans cette foule inconnue, on nous interpelle. Des 4x4, les bagages sont là ? Peut-être. Quelques visages familiers, je monte. Après quelques minutes, le départ. Les rues défilent et nous nous rendons compte que tout est réel. Très vite, nous laissons la ville derrière nous, plusieurs heures de route nous attendent. La piste slalome parmi les contreforts du massif volcanique de l’Aïr ; le paysage lunaire est parsemé de quelques arbres. Nous traversons des villages avec toujours ces regards d’enfants curieux. Le soleil se couche, il est 18 heures, nous faisons halte entre les arbres dans un oued pour la nuit, mais avant repas, royal : couscous, suivi du thé à la menthe traditionnel.

Deuxième jour. Nous reprenons la route après le petit-déjeuner, à midi, dernier repas sous un arbre, après il n’y aura plus que du sable... Effectivement les dernières broussailles abandonnées, ce n’est plus que variations sur le thème de la dune. Grande, petite, sculptée, bosselée... Le jour touche déjà à sa fin, il faut bivouaquer avant d’avoir atteint l’Arbre du Ténéré, mais le ciel incroyablement étoilé des dunes nous fait vite oublier ce retard.

Troisième jour, l’Arbre du Ténéré. Seul arbre au cœur du désert de sable, il y a des années, il a pourtant été percuté par un véhicule... Une sculpture le remplace et reste, grâce au puits, une halte obligée pour les convois. Le lieu est presque touristique, plusieurs groupes s’y retrouvent. Le vent se lève et rend le voyage plus difficile, la mécanique souffre et chaque dune à passer devient un risque. La panne tant redoutée arrive, c’est le disque de l’embrayage qui a grillé. Mais rien n’arrête nos guides Touaregs : par près de 40°, dans le vent de sable, ils réparent et nous repartons ! Nous nous arrêtons pour le bivouac aux portes de l’oasis de Fachi.

Quatrième jour, quelques inquiétudes apparaissent, il faut être sur le site de l’éclipse avant demain et il nous reste deux cents kilomètres à parcourir... Nous passons Fachi rapidement et attaquons la route. Plusieurs groupes se suivent, l’image est digne du Paris Dakar. Le talent de nos chauffeurs nous permet d’arriver à l’oasis de Bilma, le site de l’éclipse, en fin de journée. La journée se termine par une veillée aux étoiles avec les légendes touaregs, magique.

Cinquième jour, l’éclipse ! Les lunettes offertes par Optique Perret sont distribuées, ici tous veulent voir le soleil. Soudain, un convoi de voitures militaires... Deux ministres, accompagnés du gouverneur de la province, viennent regarder l’astre du jour avec le télescope, sous l’œil de la caméra de TV5 ! Une rencontre aussi imprévue qu’amicale. Vient enfin la totalité, le jour s’arrête, le soleil devient noir, encerclé de son anneau de lumière. C’est la fin du monde, un nouveau commencement, une bouteille de champagne est débouchée. Puis la journée reprend par la visite des salines avant de continuer le voyage.

Sixième jour, après une nouvelle nuit dans le sable et plusieurs dizaines de kilomètres de dunes avalés, nous passons en fin de journée près des montagnes d’Achegour, paysage irréel perdu dans le Ténéré. Nouveaux problèmes, le disque d’embrayage doit définitivement être changé et une suspension est cassée, mais devenus philosophes, nous ne nous inquiétons plus et notre confiance n’est pas déçue, quelques heures plus tard avec quelques bouts de bois et une ingéniosité à toute épreuve nous continuons !

Septième jour, après une fin de voyage éprouvante à cause du vent de sable, nous parvenons à nouveau à Agadez. Quelques souvenirs, une ballade dans les rues presque trop civilisées et voilà notre dernier bivouac. C’est l’occasion des adieux avec nos guides, l’émotion est palpable, un véritable lien d’amitié s’est tissé durant cette semaine.

Huitième jour, le départ, cinq heures de vol et nous revoilà à Paris, sans décalage horaire, mais complètement déphasés avec le monde occidental, riches du désert et avec le souvenir d’une expérience unique, inoubliable. Ce voyage nous laisse une emprunte indélébile : nous avons découvert des gens formidables, un pays accueillant, authentique et épargné par le tourisme de masse, qui offre de bonnes conditions de voyage. A mentionner également, les réserves naturelles et les trésors archéologiques et géologiques qui invitent à poursuivre la découverte du Niger.

Agharous, agence locale de guides Touaregs : agharous@intnet.ne


[N. Naromov]
19 juin 2006

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